lagazetteafacettesdufestifai

Archive for 18 juillet 2012|Daily archive page

Bonus du mercredi!

In Avant-goût, Bonus: music++, La résidence day-by-day on 18 juillet 2012 at 10:43

Rocking-vaisselle après dîner:

Patrick V. à la guitare: « oh yeah »

AND SOON: les résultats d’une enquête inédite et croustillante sur Patrick Verschueren ou « l’homme à double-face » (pas tout à fait comme le scotch, non!) :  » Quand il a ses lunettes de soleil, on dirait une autre personne », témoigne Maya, sa compagne…. Un DrJekyll and Mr Hyde parmi nous?? Le suspens reste entier…

éloge de la pause ou la nécessité de ne rien faire : travailler moins pour créer plus

In Entre-vues, La résidence day-by-day, Les sentiers de la création on 18 juillet 2012 at 10:24

Emulation, répétition, précision: les ions de la création. Voici précipités en ces lignes impressions journalières (day 3) auxquelles se surimprime touday notre habituelle dissection de la création.

Troisième jour déjà, et toujours plus de chansons à enregistrer, de sculptures à photographier, de conversations à écouter…. Profusion de petits fragments de créations disséminés un peu partout, live music everywhere (« it’s a pretty motivating place to play » Maruti)… : il serait temps que l’on mette un peu de colle à tout ça, je ne sais plus où donner de la tête et des mains, moi ! I think I need a break…

PUISER DANS LA PAUSE

Je décide finalement de rendre visite ce matin au groupe du Gruntdtvig-scénographie. Ceux-ci, silencieux et concentrés sur leurs pinceaux, sont en atelier peinture by the river où Marie Sophie Koulischer patauge dans un anglais qui ne coule pas de source lui ! « In 15mn you have to finish what you begin euh begun no began, oh I mix all the times, preterit, present…anyway there’s no time anymore here ! ». C’est vrai que le bruit de l’eau de la rivière qui coule en continu semble avoir remplacé toute notion de temps…

 3 DAYS OFF by Danius

“Je me suis souvenu que j’avais de l’eau et je l’ai bue lentement pour faire durer le paysage.”

 Arno Bertina, Je suis une aventure

Let’s breath then !

Autre pause et petite ellipse : dès la fin du repas, artistes comme volontaires ou salariés en réinsertion sont déjà à l’œuvre, alors que nous commençons à peine notre café. Profitant de ce temps libre pour pêcher des sources d’inspiration: dans des livres, internet (eh oui le wi-fi arrive jusqu’ici !), dans la pratique de leurs ébauches artistiques, ou encore dans leur lit pour certains; la pause entre les temps de travail est le moment où chansons, mots, idées se libèrent, et envahissent l’ombre des arbres et des bâtiments. Partout où je vais, des guitares chantent, des cordes vocales grattent, des mains et des langues s’agitent.

Autour du café, ce sont les mots qui sont à l’honneur. Patrick raconte de quelle manière il est en est venu, de la musique à la pratique théâtrale. Il évoque sa compagnie et la résidence d’artistes qu’il a mis en place en Haute-Normandie où il vit d’ordinaire, qui met en scène des poèmes « pour offrir un panorama, une autre perspective du texte ». Aragon, Prévert, Queneau, Villon et d’autres encore défilent sous sa langue… De l’autre côté, contaminée par l’atmosphère poétique inoculée par Patrick, Maya, traductrice franco-géorgienne, m’explique comment ses cernes concentrent tous ses états d’âmes et physiques de manière plutôt originale : « La vie est sur le contour des yeux », joli non?

Epuisée par la profusion artistique qui règne pendant la pause, je m’en vais m’octroyer une brève sieste bien méritée, pendant que les autres se remettent à bosser…

TROUVER UN RYTHME : ENTRE ACCENTS ET BAILLEMENTS, RIRES ET SOUPIRS

« The sewing machine has given up, so we have to wait. » Lisa, listening Marie playing violin and waiting to sew a costume.

L’après-midi, je rejoins l’autre versant du Grundtvig qui semble se frotter à quelques difficultés… « Il faut que tu trouves l’équilibre entre paresse et chant. Il faut utiliser tout ton souffle dans le chant, sinon c’est mortel. Faut pas faire d’efforts » lance Patrick à Anthelme, en lui chantant le tango corse pour mieux lui expliquer la manière dont il doit lui-même interpréter sa chanson. Anthelme s’execute docilement : « Je mène une vie tranquille, ne fais rien de mes dix doigts. » Après une bonne demi-heure ponctuée de « again » et « encore une fois », entre éclats de rires et soupirs causés par maladresses ou trouvailles, les cabaretistes partent en pause de 5mn (et oui, encore !).

Dans l’incapacité de bouger de mon fauteuil fort confortable, j’assiste à la discussion de Patrick et Philippe qui discutent de la direction à prendre pour la suite du « Cabaret ».

Tentative de reconstitution de leur dialogue:

Patrick : Il y a une part de jeu mais je ne sais pas jusqu’où je vais les emmener, ça fait parti de l’expérience.

Philippe : Là, du coup, tu joues sur les fils théâtraux, mais peut-être qu’il faudrait pousser les fils musicaux…Faudrait les voir dégrossis. Il y a plein de petits projets à faire aboutir en parallèle. Donner 48h à tout le monde pour vraiment dégrossir, ça serait l’idéal.

Patrick : Oui, ils vont avoir une heure ensuite pour répéter par groupes. Il faut donner du temps.

Philippe : Mais le problème, c’est qu’il faut aussi décider le plus en amont possible de ce qu’on garde et de ce qu’on ne garde pas.

Patrick : Pour l’instant j’essaye aussi d’avoir le plus de matériel possible et à partir de ces matériaux, tu peux les emmener dans la direction que tu veux, on peut par exemple prendre la perspective d’un cabaret absurde.

Philippe : Mais il y a aussi une première étape de pure mise en place musicale. Il faut absolument prendre un parti pris de composition d’équipe.

Patrick : Oui, enfin il faut aussi voir le plus urgent, hiérarchiser. Il faudrait d’abord définir les groupes, que les numéros deviennent des vrais numéros, après ça murira.

Philippe : Oui, il faut faire une couche de fondation, puis sur cette base-là, la semaine prochaine, on enrichit. Il faut qu’on sache de quels numéros on dispose. On a besoin de transformer notre liste d’hypothèses en certitudes !

Quelques problèmes à résoudre donc, mais pas de panique ! «  Les personnages commencent à s’exacerber, c’est intéressant » fait remarquer Philippe, il faut juste qu’ils ne perdent pas le thème de vue, et surtout  qu’ils « trouvent un rythme ». Je ne me fais pas trop de soucis pour eux en voyant comme les problèmes sont assez vite résolus : Oana qui perd l’équilibre du souffle entre chant et danse , se voie bientôt aidée, accompagnée des silences musicaux des autres artistes.

“I have to wait for the branches to soften” Marie making other elements for her artwork while waiting for continuing her big basket.

Et si après cet article vous n’êtes encore pas convaincu de l’utilité de la pause, voici des preuves hautement scientifiques que le silence, la respiration, le « rien » est nécessaire à notre vie d’être humain:

–          « Imagination et invention » de Gilbert Simondon et Bergson sur  l’imagination = nécessité de « l’intervalle » dans l’imagination

–          Tempo des possibles (espaces de la fiction programmatique) de Grégory Chatonsky p.7 = nécessité du « silence » dans la littérature

–          L’avenir des Humanités. Economie de la connaissance ou cultures de l’interprétation? d’Yves Citton = nécessité de la pause dans notre vie quotidienne

Nous on bulle en musique! plop!

Création: la dissection- épisode 2: « On rentre dans la matière! »

In Les sentiers de la création on 18 juillet 2012 at 2:20

N’en déplaise à Anthelme Millon (lui demander sa chanson du clown dépressif bénéficiant d’un secours étymologiste), cette épisode débutera par un petit retour à la lettre latine!

Comment rentre t-on dans la matière? Pas par une porte, ni un engin spatial traversant je-ne-sais-quelle-dimension, non, mais par

LA MAIN

La main, du latin manus, signifie en termes de « papeterie »: « Ensemble de vingt-cinq feuilles de papier formant la vingtième partie de la rame »; ou encore en musique: « Procédé didactique employé entre le xieet le xviesiècle, où l’on représentait la position de tous les tons du système guidonien [inventé par Guy d’Arezzo] sur le bout des doigts et sur les phalanges de la main gauche ouverte. », Être en main(s) (vieilli), [En parlant d’une femme]: « Avoir des relations, une liaison avec un homme. » Pour une définition basique du terme, veuillez consulter votre dictionnaire!

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées
Mon paletot aussi devenait idéal:
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal  ;
Oh ! là
là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !


RIMBAUD, Ma bohème

Loin d’avoir les mains dans les poches, ce deuxième jour les a mises à rude épreuve: e-preuves en images

In the kitchen: Evi making bricks

In the kitchen: Evi making bricks

 

 

Duygu, ready to sing

 

 

one of the volunteer making signs for the festival’s comm’

 

 

Anthelme on the guitar

 

 

Laura-Isabella, Mayah and the branches and leaves

 

 

Duygu and Mikael dancing

 

Volunteer teaching writing

 

« Il ne faut surtout pas réfléchir, juste faire les mouvements »Maya, about dancing

Victoria: putting water on the sculpture

 

 

Michael dancing

 

Idriss making the main material of his sculpture: mud, water, straw

 

Luc and Marie planning the meals of the coming week

 

Patrick and the piano

David ready to sew!

« L’imaginaire n’est rien de plus qu’un prolongement de la matière. »

Caillois, Le Champ des signes 

L’oignon, un faux légume?

In Entre-vues, Les sentiers de la création on 18 juillet 2012 at 1:21

Quel titre accrocheur n’est-ce pas ! Et grand débat, qui plus est… Mais au risque de grandement vous décevoir, cet article ne plongera pas dans les profondeurs des couches oignonales pour vous révéler tous les secrets de cet aliment. Mais plutôt dans le lieu dans lequel le légume (mystère non résolu) repose.

En cette fraiche et ensoleillée matinée du 17 juillet donc, j’errais au hasard en quête de matière à me mettre sous la plume (ou plus exactement le clavier), lorsque musique, odeurs et conversations m’attirèrent vers un lieu des plus fréquentés, et non des moins importants : la cuisine ! Eh oui, elle est certes notre quotidien mais elle mérite une attention toute particulière :

« La cuisine c’est comme l’art, ça demande de la créativité. Savoir balancer les saveurs, utiliser les épices. » Idriss, en pleine activité de sculptage avec Jérôme.

«  J’ai un ami artiste qui aime beaucoup cuisiner, se faire un bon p’ti plat de temps en temps.  L’art et la cuisine, ç’est vrai que ça va bien ensemble.» conclue Jérôme, en pleine activité de supervisage du sculptage avec Idriss.

Et en effet, dans la cuisine je retrouve une musicienne (violoniste et chef d’orchestre : Marie), et une spécialiste de la peinture (Orlane)…

Dans les cuisines festives du Faï repose donc notre carburant à tous, sans lequel pas de création possible ! « Si on se mettait en grève, je pense qu’on obtiendrait vite nos revendications » fait très lucidement remarquer Magali!

Magali pilonnant les amandes

LE LUNCH DE CE MARDI : FICHE TECHNIQUE

Heures : 9h-12h30

Nb de cuisiniers : 7

Nb de personnes à table : 66

Dont 5-6 végétariens, 1 végétalien et 1 allergique aux fruits à coques

66 patates

5kg de viande

3-4 kg d’oignons

Beaucoup de courgettes (voir photo !)

500g miel

200g amandes

Au moins 5 paquets de pâte filo

1 pastèque

Herbes aromatiques du jardin

Les courgettes encore vivantes

Les courgettes en dissection

ECHANGE AVEC LA MADAME LA CHEF 

Je rencontre d’abord Magali, la cuistot du Faï. Magali est cuisinière professionnelle depuis 3-4ans maintenant. Ses ingrédients préférés ? les herbes aromatiques, l’ail et l’oignon.

–  Comment choisissez-vous les plats au menu du jour?

Ce sont les volontaires qui proposent des recettes qu’ils aimeraient réaliser et s’inscrivent quand ils veulent sur le planning. L’équipe change tous les jours et nous sommes plus ou moins nombreux (de 3 à 7 personnes). Tous les mercredis, on se réunit avec Luc pour soumettre les propositions et faire les réserves en conséquence. Et j’adapte aussi les menus en fonction du garde-manger.

[On amène de la menthe et d’autres herbes aromatiques venus tout droit du jardin]

Alors comme ça, le Faï posède son propre jardin…intéressant !Les légumes et les fruits que nous mangeons sont donc « made in Faï » ?

Non, ça ne suffit pas à nourrir la communauté. Mais on peut obtenir des compléments du jardin comme les herbes aromatiques, les myrtilles ou les cassis. C’est un vrai plaisir d’avoir des produits frais.

-Et trouver des idées différentes chaque jour, ce n’est pas un peu fastidieux parfois ?

Non pas du tout, je pars du même principe que lorsque je suis à la masion : je fais une recette différente chaque jour. Après, j’ouvre le frigo et je vois ce que je peux faire avec ce qu’il y a dedans. Ici, c’est la même chose sauf que j’adapte les quantités.  [comme quoi la cuisine en collectivité comme à la maison, c’est possible !]

-J’imagine également qu’il doit y avoir des végétariens, des allergiques, etc. Cette différence de régimes n’est pas trop dure à gérer au quotidien ?

Non, il y a surtout quelques végétariens et un végétalien, mais c’est assez facile. Par exemple, hier c’était quiche lorraine au menu, je leur ai donc fait une quiche aux légumes. Avec les restes de légumes du couscous de dimanche soir : on essaye au maximum de réutiliser, qu’il n’y ait pas de gâchis.

 

ET TOUTE LA TEAM:

–          Evi (crêpes aux épinards loveuse) et Alexis (pizza aux champignons loveur) taillant des courgettes à l’aide d’un robot quelque peu réfractaire

–          Marie making « THE cake », «  It’s just my recipe that I love”, “It’s from home, I love to cook”

–    Orlane et Prescillia, fans de caramel, aidant Marie pour son royal « cake ».

–          Amerouz : ce coupeur d’oignons hors-pair est à l’origine de l’idée de notre repas : des bricks à la viande, recette dirigée semble t-il avec un maximum d’improvisation ! “jcuisine moi, pas de pizza surgelé, c’est déguelasse ! » nous dit-il tout en écrasant les patates (double fonction : quel homme !). Il avouera ensuite sous la torture de mon flash d’appareil photo qu’il cache quelques hamburgers dans son congèl…