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Soirée culturelle loco-internationale au Faï: de l’art de vivre ensemble

In Avant-goût on 20 juillet 2012 at 2:44

Alice au pays des merveilles (facile certes!) notre plus jeune participante

Ce soir, c’est la fiesta en avance au Faï: repas international avec pour invités d’honneurs les habitants des villages adjacents (St Auban, Le Saix..) et du villages des jeunes voisins de Vaunières! Pour la première fois vraiment de la journée, tous les habitants du Faï se retrouvent ensemble pour déguster pizzas et spécialités sucrées d’Estonie, USA, Mexique, and so on autour d’un (ou deux, ou trois) verre(s) de vin…

Présentation du beau ptit monde du Faï par Luc:

Entre deux kirs à la cerise, j’y rencontre Clotilde, important maillon pour le Faï et donc pour le festival. Clotilde est déléguée régionale de Solidarités Jeunesses (organisation nationale) qui regroupe sept associations, dont « Le Village des Jeunes » qui est l’association agissant à la ferme du Faï, ainsi qu’’au hameau de Vaunières, le deuxième site de la région.

Les actions de l’association du Village des jeunes

Cette association a la particularité de parier sur le mélange et l’échange de groupes de personnes aux origines et expériences totalement différentes, grâce à l’activité du chantier.

« Le chantier, ça permet de leur donner un résultat visuel immédiatement, c’est concret, ils voient qu’ils ont accompli quelque chose. Et puis, ça évite les problèmes de langue. »

Même si la présentation de Luc divise ici la communauté du Faï en quatre groupes bien distincts, c’est bien ce challenge que l’association espère réaliser à nouveau en ce lieu. Pour relever le défi, la structure met en place la participation commune aux tâches de la vie quotidienne mais aussi un moyen de réunion par les les temps de repas et de pauses, des projets communs (le land-art proposé en chantier jeune et au Grundtvig, par exemple) ou des rassemblements tel que la p’tite fiesta de ce soir. Même si certaines frontières demeurent entre les groupes, notamment au travers de la langue, il se crée spontanément une atmosphère d’émulation et de confiance entre les différents participants de l’aventure. Jusqu’à maintenant (et cela fait 7 ans que cela dure pour Clotilde), « ça marche » !

Le pizzaiolo

Pour y voir plus clair, ptit topo des divers groupes qui gravitent et se mêlent  ici entre ces deux montagnes:

– les volontaires long terme ( de 6 à 12 mois): Alex, Su et Ben

– Les volontaires moyen terme (2 à 3 mois): Marie et Thomas

– Les volontaires court terme ou chantiers (3 semaines): Nora, Idriss, Ana, Alberto, Mekkhi, Victoria

– Salariés en réinsertion: présents du lundi au mercredi au Faï

– Jeunes en réinsertion: environ 1groupe/mois comme ici le groupe venu de Mâcon.

+ en ce moment, le groupe d’artistes du Grundtvig

= 66 personnes environ!

 

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Cette rencontre, sous l’effet d’improbables correspondances entre les divers propos recueillis au cours de cette journée, me donne l’occasion de revenir sur notre article quotidien dans lequel le mot « art » revient bien souvent : qu’est-ce que l’art ? qui est artiste et qui ne l’est pas ? La culture se résume-t-elle à l’art ?

C’est justement le tournant que prend la discussion avec Patrick Verschueren lorsque je tente de l’interroger une fois de plus à propos d’un tout autre sujet. La digression n’en est pas moins intéressante et résonne étrangement avec diverses conversations apparues au fil de la journée… La réflexion de Mekkhi (« l’art, c’est un truc d’intello« ) y prend d’ailleurs tout son sens : Patrick nous démontre que nous avons aujourd’hui bridé la culture dans des pots de confiture sur lesquels seraient collées les étiquettes « art », « beau », « musique, cinéma, littérature,… (acronyme: Fnac) » . Il suffit de constater la place qu’on lui octroie en politique : l’Europe privilégie « les pôles compétitivité, le travail, etc. » et la culture en est réduite à une minuscule part qui serait contenue dans l’ensemble des arts.

Même idée dans les propos de Michael, artiste du Grundtvig, quelques heures plus tôt lors d’une conversation anodine. Il me parle de son ami versé dans la création se trouvant aujourd’hui employé à EDF-GDF: « On dirait qu’en France, même si vous avez une prédilection pour les domaines artistiques, il faut que vous passiez par un métier « sérieux »… L’art et la culture semblent ne faire plus qu’un, relégués aux arrières de la scène politique et de la vie quotidienne, constituant un « bonus » pour le citoyen lambda, enluminé dans un cadre que nous astiquons soigneusement de temps à autre.

Même feeling again lorsque j’interroge Thomas à propos de ses activités hors des chantiers jeunesses. Ce dernier suivait des études d’illustrateurs: « Le monde de l’art, je n’aime pas du tout. Les gens étaient pour la plupart arrogants et prétentieux, il se croyaient supérieurs, pensaient faire des « trucs bien ». Il y avait trop de compétitivité. » Comme quoi, le mythe de l’artiste en génie contemplant avec dédain le peuple de sa haute tour d’ivoire, et la commune dichotomie art/travail semblent encore bien ancrés dans notre culture. Thomas a quitté son école d’illustration et voyage à présent en attendant la suite. Il paraît la création artistique est pour beaucoup due au hasard des rencontres…

Enfin d’un féroce coup de paluche- celle qui ne tient pas la pizza- Patrick nous rétablit une vision de la culture libérée de son étiquette ordinaire:  « La culture c’est le vivre ensemble », résume-t-il avant que les convives aillent se disputer sauvagement un monticule de brownies concoctés à l’occasion par un des volontaires. Pas étonnant: le « chocolat » (venant du Maya  xocoatl) est un mot « international », un mot que nous partageons tous donc…en tous cas dans nos estomacs!

Les festivités, ensemble

Le bonus du jeudi

In Bonus: music++, La résidence day-by-day on 20 juillet 2012 at 12:54

Extrait inédit d’un de nos talents en résidence ici-même au Faï

Duygu from Turquia