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Dompter le public, cette drôle de bête

In Le FestiFaï day-by-day: entre dessous et devant de la scène on 27 juillet 2012 at 6:13

Lior, le batteur de Bat, GG et Bat’.G sous leur meilleur profil!

 

 « Nan mais pasque aujourd’hui l’public si tu l’écoutes, tu vas pas loin hein…tu f’rais même plutôt marche arrière […] »

Kacem Wapalek

Hier, Café du Peuple, début de soirée: Grégoire Gensse ou GG (parce que c’est plus court et prononçable) rentre en scène. L’homme avant le concert: « Oui je ne sais pas encore ce que je vais faire…surement 15mns de piano… ». Ah oui? ah bon. 15 mn de piano, ok.

Ah oui? Ah bon. Pas entendu moi..moi j’ai entendu…en fait j’ai entendu et vu et chanté et joué, avec mes voisins de table (on s’assied où l’on peut dans ce café TRES intimiste!). L’intro nous branche directement sur son rythme intérieur qui s’extériorise à la surface de tous les membres de son corps…Et du nôtre! GG manipule à merveille son public comme réservoir à rythmes et mélodies. Le lion en scène d’avant-hier se fait cette fois notre chef d’orchestre…avant de s’attaquer au piano.

Le piano? « Un instrument à cordes frappées » nous dit la définition. GG la prend au pied de la lettre et frappe son piano comme autant de percussions, révélant au public  la vraie nature de cet instrument. Puis aux percussions, s’ajoutent des mélodies: ses doigts s’agitent frénétiquement…mais ne nous envahissent pas de son: le silence y est musique et GG le met particulièrement bien en valeur. Pas de monotonie dans le frappé non plus: le maître-percupianiste connaît l’art du contraste…Bref, un récital percutant!

Lui succède Lior Shoov, toute en longueur et en objets hétéroclites et disparates. Semblable corps-instrument que celui de son acolyte qui l’ a devancée, Lior  joue de ces miscellanées sonores auxquelles elle insuffle vie, objets souvent détournés de leur but premier ou instruments marginaux pour nous pauvres occidentaux ( hang, harmonica, sanza…)!

« Il faut dés-œuvrer au sens actif du terme. […] Car c’est cela le propre de l’homme : écrire un poème en dépassant la fonction communicative du langage ; parler ou donner un baiser en détournant de sa fonction la bouche, qui sert d’abord à manger. […] 

Giorgio Amben

Un peu clown, Lior semble avoir gardé un (voire des, voire beaucoup) des soupçons de malice de l’enfance, et s’amuse beaucoup avec son public qui la « fait trembler ». Elle joue de nous également, mais nous exploite en douceur…Rafraîchir son public d’une bouteille d’eau, se servir de ses applaudissements comme tremplin à chanson, Lior n’est pas culottée mais c’est ainsi qu’elle nous fait rêver, et nous envahit de petits picotements qui commencent au bout d’un doigt pour s’insinuer jusque dans nos doigts d’pieds. La musique de Lior est pleine d’images qu’elle active de son corps-intrument et de sa voix rapeuse: rapeuse de mots inconnus ou à l’accent musical, images d’elle d’abord, images d’ailleurs enfin…Sa dernière chanson nous emmène sur la route, quelque part, au-devant de l’inconnu et au gré du hasard..

Du coup, lorsque BatPointG arrive, dur dur de garder le public en haleine, lui qui s’était paresseusement habitué à être exploité! Heureusement l’énergie d’un duo sexy accordéon-batterie retient nos oreilles pour finir par faire résonner le café du Peuple et son public!

L’ère du spectateur passif serait-elle révolue?

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