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Hervé Lapalud et Jonathan Mathis en union libre

In Entre-vues, Le FestiFaï day-by-day: entre dessous et devant de la scène on 27 juillet 2012 at 5:10

Ce mardi 24 juillet, dans la cour à ciel ouvert de l’Auberge de la Tour (St Pierre d’Argençon), Hervé Lapalud mis en bouche par son acolyte Jonathan Mathis en ont fait voir de toutes les couleurs à notre imagination ! Au travers de surprises mélodiques, comiques et cosmiques voire même mécaniques ;  les deux artistes « en résistance » au Faï (lapsus made in Hervé!) nous ont fait voyager aux frontières (et au-delà) de notre espace-temps quotidien, au gré de leur remarquable jeu musical, peuplé de jeux de mots… et surtout, d’instruments bizarroïdes.

En magasin,  hier, il y avait : des koras (sorte de grande harpe africaine, faite d’une calebasse), sanzas (petit instrument à lames africain également, contenu ici dans une boîte de harengs), ukulélé, basse, accordéon, guitare, saxinette (« celui-là, ça n’existe pas. C’est un luthier qui me l’a fabriqué pour un concert. » Jonathan), harmonica, gaharand (percussions, instrument argentin qui ressemble à une sorte de cocotte-minute)…ET l’orgue de barbarie of course ! Jonathan Mathis, nous annonçant en début de concert qu’il ne nous ferait pas de conférence sur cet instrument s’est vu contraint en fin du concert de s’exécuter, devant une foule féroce et avide d’explications.

Mais revenons en ces lignes au couple musical…

Dans l’air tiède de la cour de l’Auberge ce 24 juillet, l’orgue de Barbarie attaque tout en douceur, mais non sans vigueur, cette soirée ! Jonathan Mathis se voit bientôt rejoint d’Hervé Lapalud qui rentre enfin en scène pour mener la danse, entre chansons intimistes et rigolotes, pastiches parodiques ou hommages poétiques…Achevant le show dans un dialogue avec l’orgue et son maître.

Dialogue pré-concert avec Jonathan Mathis sur une « union libre » [mots dudit intéréssé] !

Pas de stress pour ce soir ?

Non non, bon on va peut-être répéter un peu, ça fait longtemps qu’on n’a pas joué ensemble… !

[Les deux musiciens sont descendus tous deux à 16h ce 24 juillet pour se mettre au diapason.]

Vous avez toujours joué ensemble ?

Non, Hervé a longtemps tourné tout seul, pendant 3 ans, et puis il en a eu marre. Il avait besoin de partager l’affiche avec quelqu’un et il a fait appel à moi.

Et comment te connaît-il ?

Oh ça fait un moment qu’on se tourne autour ! [rires]Non, en fait, on avait déjà joué ensemble dans des soirées, on s’était croisés deux trois fois.

Et donc ça fait depuis combien de temps que vous jouez ensemble maintenant ?

Ça fait maintenant 2 ans.

A quel genre vos compositions se rattachent-elles, y-a- t’il un genre ou non ?

Oui, Hervé a pas mal bossé sur les musiques africaines, donc on utilise pas mal des koras, des sanzas, des instruments bizarres. Puis, j’amène moi aussi tout l’univers de l’orgue de barbarie…

Mais qu’est-ce donc que cet instrument qu’on ne voit plus guère que dans les fêtes foraines ??

Tout sur l’orgasme mécanique: « Au Faï, on Oze le Saix » comme dirait Xavier!

« l’orrgue mécanique ? is that mecanic orgasm ? » Su looking at Jonathan Mathis’ website

Entre couture et informatique, l’orgue est ordinairement (d’après les autorités) défini comme un instrument à vent mécanique … « c’est un appareil reproducteur de musique et qui n’est même pas classé au rang des instruments de musique dans les classifications » nous présente le propriétaire de la bête.

C’est vous-même qui faîtes les cartons ? Comment on passe d’un carton à de la musique ?

Alors ça c’est du carton d’isolation électrique comme on l’utilise pour les patrons en couture. On le plie et on fait un contre-collage, ce qui donne l’accordéon que vous voyez ici. Ca permet que le carton soit rigide et qu’il ne se déchire pas. On utilise ensuite un vernis super léger à l’alcool qui s’évapore tout de suite pour ne pas faire gonfler le carton.

Pour le perçage, on utilise d’abord l’ordinateur. L’orgue de Barbarie, c’est l’ancêtre de l’ordinateur, c’est un lecteur de programme, les premiers ordinateurs fonctionnaient aussi avec de s cartes perforées. On se sert donc de l’ordinateur pour rentrer les notes une par une pour se rendre compte un peu de ce que ça va donner et une foi squ’on est content, il nous ort un grand papier listing avec l’emplacement des pièces. Enfin je le colle sur un carton vierge et je passe tout ça dans un emporte-pièce à pédales. C’est comme une machine à coudre dans le sens de la longueur : je perce là où il y a les traits.  Sauf que l’ordinateur ne connaît pas toutes les subtilités de l’instrument donc jusqu’au dernier moment dès fois il met des notes trop rapprochées les unes des autres et il n’y a plus assez de matière. Car c’est une lecture à griffe : une griffe se soulève quand le trou passe et si le carton est trop fin, ça s’arrache. Donc il y a des figures musicales qui ne sont pas possibles à faire pour des histoires de résistance de carton. Et quand on perce le carton on choisit vraiment les longueurs de notes en fonction de ce qu’on a sous les yeux pour savoir si ça va  passer ou pas.

 

Mais il vous faut un siècle pour faire ça !

-(rires) Non heureusement, sinon je ne serais pas là ! Pour un carton compliqué, cela fait environ 1h30-2h de perçage pour une minute de musique, et ceci sans prendre en compte toute la partie arrangement et composition de la musique !

Il est maintenant déjà minuit : l’heure de rejoindre notre carrosse, direction le Faï ! Pour plus d’infos sur cet atypique instrument, consultez le tout nouveau website de l’artisan-musicien qui vient de recevoir par ailleurs la « manivelle d’or » pour son travail !

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