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Dimanche: jour du seigneur

In La résidence day-by-day on 29 juillet 2012 at 6:32

Après l’ambiance populaire, retour au temps des grands seigneurs! Pendant que les volontaires s’activent pour désinstaller en un jour, 3 ou 4 jours d’installation son et lumière et faire la vaisselle de 120 couverts,  d’autres dégustent les fruits (pastèque au menu) de leur travail…

 

L’être au boulot!

 

 

« Au commencement était le Verbe…

In Le FestiFaï day-by-day: entre dessous et devant de la scène on 29 juillet 2012 at 6:06

…Il était eau, qui va qui vient,

Inlassablement était le verbe,

Qui discutait à l’infini avec l’écho du firmament. »  

Anthelme

Anthelme et son public

Au rythme de la marche, c’est une soixantaine de personne, Veynois, touristes de passage, habitués ou non qui sont venues braver le soleil qui nous tapait dessus à bras raccourcis en ce samedi 28 juillet après-midi afin assister à la ballade des arts naturels mise en scène et dirigée par le Grundtvig et le chantier du Village des Jeunes.

« C’est après avoir traversé une plaine brûlée du soleil que je les rencontre. »

(Jules Renard, texte clôturant le  spectacle « L’être et le boulot »)

Certaines œuvres ne peuvent s’éviter, d’autres se laissent dissimuler derrière leurs couleurs et leurs formes qui épousent le lieu de leur installation. Les œuvres qui ponctuent le chemin sont adoucies des virgules ombragées d’Anthelme et d’intermèdes musicaux :   une ballade avec deux L où il faut parfois oser les chemins détournés :

des ailes: The birds by Marketa

A place to be by Mayah

« Dès que j’approche, leurs troncs se desserrent.
Ils m’accueillent avec prudence.
Je peux me reposer, me rafraîchir,
mais je devine qu’ils m’observent et se défient. » (Jules Renard
)

Les mots : ils nous ont guidés tout au long de cette journée particulièrement dense – ou danse on ne sait plus, des mots d’Anthelme aux non moindres de ceux de Rimbaud et Jules Renard. Douce bohème pour arbres ou rochers qui se poursuit par la deuxième représentation du Cabaret Européen, cette fois à 18h sur la scène du Faï, entre-danses, chansons et mots d’ici et d’ailleurs. Focus sur le Cabaret…

 

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 Faim d’une poire: R.I.P. ou les fruits d’un travail bien mérité

Plus détendue et plus sure d’elle, la poire prend du relief ! Il faut dire que le lieu abolit la distance qu’imposait la scène du Cinéma de Veynes : même si l’espace est moins « confortable » d’après Patrick V., les applaudissements révèlent  (« On n’applaudit pas ? «  remarque une spectatrice lors de la première au cinéma) que le public suit. La poire, revigorée par cette chaleur collective s’accorde un bref instant de gloire…écrasée par inadvertance sous le pied de Mickael déclenchant fous rires de l’assistance !

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Bien repus, les 120 couverts (sans compter la foule de bénévoles) descendent vers 21h en grand convoi à la scène végétalo-aquatique du Faï pour poursuivre la ballade, cette fois assis (digestion oblige !) mais emportés au gré d’un voyage au sein de la chanson française dont les frontières s’étirent par sons et mélodies.

Les êtres entrent en scène guidés par les jeux de mots sans langue de bois de Philippe Séranne : Pin, Charme, Hêtre et boulot défilent, drapés des créations du Grundtvig. Les airs s’enchaînent dans des ambiances végétales mêlant romarin, rose et olive…lorsque soudain le déjeuner sur l’herbe s’interrompt sous l’apparition pétaradante d’un moto-rider excité et d’une tronçonneuse non moins électrisée. Les ronces du travail enlacent les roses : entre work songs et fanfare aux airs timburtoniens, entre accordéon et chants du peuple, fini le jardin d’éden : l’être au boulot est l’animal social d’aujourd’hui. « Peut-on s’éclater au boulot ? Etre ou avoir ?». « I have a dream » répond Martin Luther King  : les fruits du travail existent toujours et c’est au son dansant de l’accordéon et non d’un chant de lutte que s’’achève le spectacle…

 

panier des fruits du travail par Marie

Mais dans l’inévitable clairière amie, les trompes se mettent soudain en marche comme pour célébrer le retour de l’être végétal: Gregoire au piano recueille des décoctions planantes d’un écho sous les étoiles maintenant bien installées…pour vraiment s’achever  au milieu des ombres fantastiques d’une famille d’arbres.

j’apprends ce qu’il faut savoir :

Je sais déjà regarder les nuages qui passent.

Je sais aussi rester en place.

Et je sais presque me taire.

(Jules Renard)

Avant que la danse ne reprenne ! La scène et les gradins du Faï se métamorphosent en « salle des fêtes » à ciel ouvert au son de l’accordéon où musiciens et public  valsent en famille.

 

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Les failles du Faï: ya un os les gars!

Grégoire se trompant dans les paroles de la chanson des roses

Jean-Mi poursuivant les musiciens à la poursuite

…et l’eau ! Entre sa disparition partielle ou totale des robinets du Faï et les menaces de l’orage qui a arrosé joyeusement la répétition générale des musiciens, on a bien cru que nous passerions la soirée assoiffés et les pieds dans l’eau mais ! Finalement un seul homme à la mer a été déclaré : emporté dans la danse frénétique du final, un des squelettes de la fanfare a décidé de goûter l’eau (sans l’accord de sa partenaire).

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Et on remonte danser, boire et chanter jusqu’à tard…

Tard dans la nuit ou tôt le matin, nos étoiles au ciel font un doux frou-frou et certains convives sont infatigables ! Rejoints par quelques-uns des musiciens,  le voyage continue dans le taxi broussi d’Hervé Lapalud. Puis on« espace les cailloux, les étoiles » avec Lior,  et vient l’heure de rejoindre mon oreiller, la voix de Jonathan Mathis résonant encore derrière moi :

« On s’est aimés comme on se quitte
Tout simplement sans penser à demain
À demain qui vient toujours un peu trop vite
Aux adieux qui quelque fois se passent un peu trop bien
 »

(Joe Dassin)

LA CRITIQUE DU SPECTACLE DU SOIR: http://nosenchanteurs.eu/

…ET LES CHANSONS:

Langue de bois- Nougaro

Des rumeurs et des doutes- Gérard Morel

Les raisins dorés- Gilbert Lafaille

Sacré géranium- Dick Annegarn

Déjeuner sur l’herbe- Nougaro

La p’tite Olive- Les Wriggles

Marions les Roses- Malicorne

Monsieur- Thomas Fersen

Requiem du Romarin- Hervé Lapalud

Le chasseur- Fred Radix

Work songs- Grégoire Gensse et Lior Shoov

Hey Ho- Walt Disney

Quand les cigares- Loic Lantoine

Je ne veux pas travailler- Pink Martini

Des roses et des ronces-Kent

Le brin d’herbe- Brigitte Fontaine et Areski

Le pire des métiers- Charles Aznavour

Le front des travailleurs- parti communiste

Antisocial- Trust

Je travaille dans ma tête- Hervé Lapalud

Putain quel beau métier- Ricet Barrier

Salles des fêtes- BatPointG

Vénus- Bashung