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Archive for the ‘Entre-vues’ Category

Le virus FestiFaï

In Après-goût: les effets secondaires, Entre-vues, Le FestiFaï day-by-day: entre dessous et devant de la scène on 31 juillet 2012 at 1:13

ceci n’est pas un montage: ze no-man’s land après l’ouragan FestiFaï!

La tempête FestiFaï est passée et ça fait son effet…

Les départs se sont succédés toute la journée hier au Faï : toutes les bonnes choses ont une fin paraît-il ! C’est qu’il faut préserver ce petit grain de folie qui fait l’unicité de l’évènement, lui laisser le temps de germer pendant l’année.

Seules quelques âmes résistent encore au tsunami des départs : ça bosse dur pour Timothée et Lucas qui doivent encore retracer l’évènement FestiFaï sur images en 3 minutes top chrono.

Observation…

Vue de profil

 

 

 

 

 

Concentré: Tim au montage

Vue de face

Dilué: Tim toujours au montage (pénurie d’eau oblige…)

Lucas au travail (au fond): une méthode originale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une variante ou comment épuiser tous les possibles du canapé

 

 

 

 

 

Tim en mode sarcophage. La vidéo est un univers spécial…très spécial…!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis parce que les artistes ne sont pas toujours sur le devant de la scène, eux-aussi se sont prêtés au jeu du Self-portrait sous la torture de mon appareil photo-vidéo:

« Thinking is trouble, maaan »  comme dirait Su!

 

Retranscription en direct différé de leurs réponses qui témoignent d’un véritable travail d’équipe:

A: Qu’est- ce qui vous inspire?

Lucas : ‘jcrois que c’est l’endroit qui inspire.

Tim : Moi, c’est comme disait hier Hervé, c’est la folie un peu contagieuse, les espèces de tarés qu’ya  à côté-là!

Lucas : un p’tit peu, j’avoue…

Tim : j’dirais bien la musique mais c’est un peu large. Quand je monte, c’est la musique qui m’inspire. Je sais pas si c’est ça que tu voulais savoir..

A: Sisi, parfait. Et comment créez-vous?

Tim : On crée rien nous. On retranscrit. C’est pas de la création pure. Il faut essayer de retranscrire une ambiance qui ressemble à la réalité sans vouloir rentrer dans la réalité. C’est un peu compliqué parce qu’on utilise des artifices pour être au plus proche de la vraie atmosphère qu’il y a ici. On peut pas la retranscrire par vidéo du coup on utilise des…on essaye de tricher un peu pour qu’ça marche quoi. Ca marche plus ou moins bien d’ailleurs.

 A: Ok! Quelque chose d’autre à déclarer ?

Lucas : Au revoir !

 

 

 

 

Mais ce n’est qu’un au revoâââr!

 

 

LEURS ŒUVRES SUR LE NET:

L’inauguration au plan de Veynes

L’air international du Faï

FestiFaï 2012 en 3mn : en cours de montage!

Et en exclusivité pour vous chers bloggueurs: la piste cachée

des artistes polyvalents, on vous dit, ces vidéastes! 😉

Hervé Lapalud et Jonathan Mathis en union libre

In Entre-vues, Le FestiFaï day-by-day: entre dessous et devant de la scène on 27 juillet 2012 at 5:10

Ce mardi 24 juillet, dans la cour à ciel ouvert de l’Auberge de la Tour (St Pierre d’Argençon), Hervé Lapalud mis en bouche par son acolyte Jonathan Mathis en ont fait voir de toutes les couleurs à notre imagination ! Au travers de surprises mélodiques, comiques et cosmiques voire même mécaniques ;  les deux artistes « en résistance » au Faï (lapsus made in Hervé!) nous ont fait voyager aux frontières (et au-delà) de notre espace-temps quotidien, au gré de leur remarquable jeu musical, peuplé de jeux de mots… et surtout, d’instruments bizarroïdes.

En magasin,  hier, il y avait : des koras (sorte de grande harpe africaine, faite d’une calebasse), sanzas (petit instrument à lames africain également, contenu ici dans une boîte de harengs), ukulélé, basse, accordéon, guitare, saxinette (« celui-là, ça n’existe pas. C’est un luthier qui me l’a fabriqué pour un concert. » Jonathan), harmonica, gaharand (percussions, instrument argentin qui ressemble à une sorte de cocotte-minute)…ET l’orgue de barbarie of course ! Jonathan Mathis, nous annonçant en début de concert qu’il ne nous ferait pas de conférence sur cet instrument s’est vu contraint en fin du concert de s’exécuter, devant une foule féroce et avide d’explications.

Mais revenons en ces lignes au couple musical…

Dans l’air tiède de la cour de l’Auberge ce 24 juillet, l’orgue de Barbarie attaque tout en douceur, mais non sans vigueur, cette soirée ! Jonathan Mathis se voit bientôt rejoint d’Hervé Lapalud qui rentre enfin en scène pour mener la danse, entre chansons intimistes et rigolotes, pastiches parodiques ou hommages poétiques…Achevant le show dans un dialogue avec l’orgue et son maître.

Dialogue pré-concert avec Jonathan Mathis sur une « union libre » [mots dudit intéréssé] !

Pas de stress pour ce soir ?

Non non, bon on va peut-être répéter un peu, ça fait longtemps qu’on n’a pas joué ensemble… !

[Les deux musiciens sont descendus tous deux à 16h ce 24 juillet pour se mettre au diapason.]

Vous avez toujours joué ensemble ?

Non, Hervé a longtemps tourné tout seul, pendant 3 ans, et puis il en a eu marre. Il avait besoin de partager l’affiche avec quelqu’un et il a fait appel à moi.

Et comment te connaît-il ?

Oh ça fait un moment qu’on se tourne autour ! [rires]Non, en fait, on avait déjà joué ensemble dans des soirées, on s’était croisés deux trois fois.

Et donc ça fait depuis combien de temps que vous jouez ensemble maintenant ?

Ça fait maintenant 2 ans.

A quel genre vos compositions se rattachent-elles, y-a- t’il un genre ou non ?

Oui, Hervé a pas mal bossé sur les musiques africaines, donc on utilise pas mal des koras, des sanzas, des instruments bizarres. Puis, j’amène moi aussi tout l’univers de l’orgue de barbarie…

Mais qu’est-ce donc que cet instrument qu’on ne voit plus guère que dans les fêtes foraines ??

Tout sur l’orgasme mécanique: « Au Faï, on Oze le Saix » comme dirait Xavier!

« l’orrgue mécanique ? is that mecanic orgasm ? » Su looking at Jonathan Mathis’ website

Entre couture et informatique, l’orgue est ordinairement (d’après les autorités) défini comme un instrument à vent mécanique … « c’est un appareil reproducteur de musique et qui n’est même pas classé au rang des instruments de musique dans les classifications » nous présente le propriétaire de la bête.

C’est vous-même qui faîtes les cartons ? Comment on passe d’un carton à de la musique ?

Alors ça c’est du carton d’isolation électrique comme on l’utilise pour les patrons en couture. On le plie et on fait un contre-collage, ce qui donne l’accordéon que vous voyez ici. Ca permet que le carton soit rigide et qu’il ne se déchire pas. On utilise ensuite un vernis super léger à l’alcool qui s’évapore tout de suite pour ne pas faire gonfler le carton.

Pour le perçage, on utilise d’abord l’ordinateur. L’orgue de Barbarie, c’est l’ancêtre de l’ordinateur, c’est un lecteur de programme, les premiers ordinateurs fonctionnaient aussi avec de s cartes perforées. On se sert donc de l’ordinateur pour rentrer les notes une par une pour se rendre compte un peu de ce que ça va donner et une foi squ’on est content, il nous ort un grand papier listing avec l’emplacement des pièces. Enfin je le colle sur un carton vierge et je passe tout ça dans un emporte-pièce à pédales. C’est comme une machine à coudre dans le sens de la longueur : je perce là où il y a les traits.  Sauf que l’ordinateur ne connaît pas toutes les subtilités de l’instrument donc jusqu’au dernier moment dès fois il met des notes trop rapprochées les unes des autres et il n’y a plus assez de matière. Car c’est une lecture à griffe : une griffe se soulève quand le trou passe et si le carton est trop fin, ça s’arrache. Donc il y a des figures musicales qui ne sont pas possibles à faire pour des histoires de résistance de carton. Et quand on perce le carton on choisit vraiment les longueurs de notes en fonction de ce qu’on a sous les yeux pour savoir si ça va  passer ou pas.

 

Mais il vous faut un siècle pour faire ça !

-(rires) Non heureusement, sinon je ne serais pas là ! Pour un carton compliqué, cela fait environ 1h30-2h de perçage pour une minute de musique, et ceci sans prendre en compte toute la partie arrangement et composition de la musique !

Il est maintenant déjà minuit : l’heure de rejoindre notre carrosse, direction le Faï ! Pour plus d’infos sur cet atypique instrument, consultez le tout nouveau website de l’artisan-musicien qui vient de recevoir par ailleurs la « manivelle d’or » pour son travail !

La reprise: contrefaçon ou création?

In Entre-vues on 25 juillet 2012 at 5:30

de la répétition du même à l’invention: la fractale

« Mimicry is an act of imagination »

Derek Walcott in « The Caribbean: culture or Mimicry »

« L’être et le boulot » , THE spectacle qui vous sera présenté ce samedi 28 juillet, réalisé par la résidence de musiciens au Faï pour une semaine est en bonne partie composé de reprises de chansons du patrimoine français.

Dans les esprits, le remake, la réécriture ou encore la reprise -pour le terme musical- n’ont jamais eu très bonne réputation. Souvent accusés de réduire l’œuvre initiale voire considérées antagonistes à la création (ce terme étant par son étymologie lié à l’idée de genèse, fondation, « chose première »), ce types de production n’a jamais été très bien vu. Mais reprendre une chanson (un texte, un film) empêche- t-il réellement ce geste de création ? En quoi donc la reprise peut-elle se faire originale ?

Afin d’éclaircir tout ceci, nous avons sauté aujourd’hui sur une proie toute choisie: Xavier Lacouture, directeur artistique du spectacle! Entrevue…

Pourquoi avoir choisi de faire des reprises pour ce spectacle ?

Ca c’est une idée de Philippe [Philippe Séranne, directeur du projet FestiFaï] qui voulait une expérience collective, autour d’un thème donné. Tout le monde n’a pas forcément dans son répertoire des chansons autour du thème choisi. L’idée est aussi de proposer des lectures marquées des chansons avec des artistes possédant eux aussi individuellement un univers marqué. Donc proposer de telles lectures, mais aussi des univers.

La reprise est donc un outil idéal pour ce type d’expérience?

C’est un bon outil, et ça permet aux gens de s’amuser avec du patrimoine, de réentendre des chansons connues. Mais les gens ne connaissent pas forcèment les chansons. Nous on les connaît parce qu’on est dedans. Mais pour certains ça n’évoque rien. « Les raisins dorés » par exemple, même chez nous il y avait des gens qui ne l’avaient jamais entendue. Ce qui est aussi intéressant dans le spectacle c’est que les gens ne sauront pas dès fois ce qui est repris et ce qui fait parti du répertoire des chanteurs.

Et faire une reprise, c’est complexe ?

Ah oui, c’est un boulot, c’est un travail. C’est une re-création. Une récréation aussi… Les chansons qui vont être présentées sont complètement retravaillées, elles « changent d’univers ».  [ayant assisté à une répétition, cela donne concrètement: l’écoute et la ré(ré)écoute de l’original, alterné avec l’interprétation nouvelle des musiciens, un va-et-vient entre l’original et la nouvelle version donc]

C’est vrai, parce qu’il faut garder l’esprit de la chanson…

 Non, en fait il faut chercher quelque chose qui amène la chanson un petit peu ailleurs. Les gens qui la connaissent vont l’entendre différemment, la redécouvrir et puis souvent on entend une chanson on fait « lalalalalalala » [fredonne] et puis après on oublie, on ne sait pas ce que ça raconte en fait. Par exemple  la chanson de Joe Dassin- Marie Jeanne [il commence à chanter]  reprise par bobby gentry, c’est une chanson que plein de gens connaissent,  et qui a été un tube. Mais les gens ne savent pas que ça raconte un infanticide, qu’elle tue son gamin et se suicide après. Mais quand tu le relis…

Et le public ne parvient pas à percevoir l’histoire ?

Cette chanson paraît anodine, elle a été un succès! Mais les gens ne percoivent pas l’histoire parce que c’est dit, mais comment c’est dit …donc après si tu changes la manière de la faire les gens diront « ah bon c’est ça »!

 

Comme quoi « repriser » c’est aussi du boulot!

Confection d’un parasol géant: ici aussi on reprise!

Dans le corps de l’œuvre : décors, des corps. Encore !

In Entre-vues, La résidence day-by-day, Les sentiers de la création, Vers l'infini et l'eau-de-là on 19 juillet 2012 at 11:33

« L’art, c’est un truc d’intello » lance Mekkhi volontaire au Faï, apprenti soudeur s’exerçant sur une sculpture landart, et dont le rêve est plutôt de devenir conducteur de trains!

L’art, une affaire de cerveau ? Quelle place prend donc le reste du corps dans la création ? A l’image de nos artistes qui sont allés tâter la scène pour la première fois de la semaine, nous sommes de notre côté rentrés dans le lard de l’art !

LA SCULPTURE : TROUVER LE CORPS DANS L’ART, PREMIERE ETAPE

Je commence la journée par un petit tour du côté de la statue d’Idriss. Après l’avoir prise en photo, deux randonneurs arrivent en chemin : ils s’arrêtent pour photographier eux aussi sa femme de torchis pendant que l’auteur de l’œuvre leur explique le projet du FestiFaï : « Pour le festival on monte une balade qui part du Saix, le village un peu plus-bas, pour arriver au Faï. Il y a aussi des vrais artistes qui sont là pour faire des sculptures tout le long du chemin. »

Des « vrais » artistes ?  Pourtant, sous ses habits de volontaire Idriss ne semble pas si éloigné de cette qualification…

ceci est une photo à but purement artistique (modèle de muscle pour bras de statue requis sisi!)

Idriss peint. Peut-être un peu moins maintenant qu’il a abandonné l’idée d’une carrière artistique pour des études de médecine, mais quand même, il peint. « Je voulais faire les arts-déco, mais on m’a dit que je foncerai droit dans l’mur ».

« Elle a du chien » by Idriss

La peinture « ça me vide la tête, je ne pense plus à rien et je suis focalisé sur ce que je fais. C’est ça qui est bien avec l’art. »

CORPS-A-CORPS

La conversation va et vient au gré de divers sujets qui s’infiltrent subrepticement dans mes questions sur sa pratique artistique : études, politique, science-fiction, chantiers solidaires, mangas, cinéma, différences de sexe… Il dit ne « rien comprendre à la politique » et ne « s’y intéresser vraiment qu’en périodes d’élections », mais fan de dystopia et autres problématiques de la SF (pas si étrangères aux questions politiques !), il a lu quasiment tout Barjavel et me remet en mémoire en quelques minutes le synopsis du roman d’Aldous Huxley, Pour le meilleur des mondes. Le cinéma, il « aime vraiment ». Quel genre de films ?, je lui demande. « Les films qui me font rêver. S’il me fait rêver, c’est qu’il m’a touché. ». Puis il me parle de sa peinture qu’il m’a montré la veille sur facebook, celle de la femme aux dimensions élastiques : « L’originale est mieux. J’ai rajouté le cadre après. Je me suis aperçu ensuite que tout ce qui sortait du cadre était déformé, j’ai commencé à y penser après. »

Rebondissant sur la « pensée » j’en profite pour poursuivre mon exploration sur la part de neurones dans l’œuvre d’art : « Et est-ce qu’il y a un sens à tes peintures, est-ce que tu cherches à représenter quelque chose, une idée, un symbole ? »  C’est là qu’il me répond que la peinture lui permet surtout de ne pas penser : « non, je ne cherche pas de sens. Bien sûr, il peut y avoir une idée principale, mais je ne cherche pas à imposer un sens à l’œuvre. Les gens peuvent y trouver ce qu’ils y veulent, l’interpréter de la manière qui leur plaît. ». Il m’expliquera dans la soirée ce que représente pour lui sa peinture: « tout ce qu’il y a à l’intérieur du cadre, c’est le réel, les yeux tournés vers l’avenir. En dehors du cadre, c’est le monde des possibles, tout ce qu’elle pourrait faire mais qu’elle ne peut pas, enfermée par le cadre. »

Il continue à me parler de la réalisation de cette même peinture (et d’autres): « Je passe des heures à la regarder. C’est comme si je voulais mieux la connaître. Quand tu fais, tu n’admires pas ce que tu fais. C’est important de prendre le temps de la regarder. C’est comme quand tu rencontres quelqu’un. » Et puis : « J’ai fait une peinture du style pop-art, une blonde à l’air ébahi, énorme: 2x2m et en tout en petits points, j’ai mis des semaines à la finir ! »

Des femmes, encore des femmes… ! « Je n’y ai jamais pensé, me dit-il lorsque je lui pose la question au sujet de cet objet de prédilection. « Je fais souvent des choses en opposition, des figures féminines mais qui dégagent de la force à la fois [sa sculpture est en effet un mélange de féminité, à la fois en formes et en minceur, tout en muscles sous le poids de l’effort]. Je ne sais pas, la femme m’inspire plus de beauté que l’homme, elle est plus sensuelle je pense…Evidemment, j’ai un regard masculin. Peut-être que si j’étais une femme, je préfèrerais prendre l’homme pour sujet. »

Ayant les éléments nécessaires à mon enquête, je le laisse terminer le bras de sa sculpture (un membre par jour), qui apparemment lui résiste un peu !

DEUXIEME STEP : ENTRE-DANSE ET MAITRISE DU SOUFFLE

Des corps allongés sur des édredons. Souffles lents et réguliers… C’est l’heure de la sieste. Oui, mais pas pour tout le monde : les artistes du cabaret ne se prélassent pas dans les bras de Morphée, ils sont en plein exercice de respiration.

sans les sons de vach-èvres qui accompagnaient l’exercice, dommage!

« Il y a un certain nombre de choses que l’on fait mais on ne sait pas comment. Je les fais travailler le souffle mais pas seulement à ce niveau [il montre le ventre] : la respiration ça va de là [les hanches] à là [en-dessous du menton]. Ça leur permet de bien la comprendre et d’avoir des repères. »

En effet, c’est un exercice qui semble explorer toutes les possibilités du corps…

« When you laugh, it was very good with your voice, you have to find the same energy. » Patrick

Dès que le soleil est moins fort, ceux-ci s’en vont faire les premières répét’ sur la scène, comme l’ont fait avant eux ce matin les groupe scénographie qui a défilé en costumes : le spectacle prend corps !

 

RECHERCHE DE L’HARMONIE: DES-ACCORDS

Enfin, je croise Marie, volontaire à long-terme au Faï que nous avons déjà croisée dans les cuisines auparavant. Elle confectionne un panier de branchages géant pour la balade Land-art.  Mais cette fois c’est de musique qu’il s’agit : lorsqu’elle n’est pas sur le chantier,  Marie est violoniste depuis ses 4 ans (18ans donc) et étudie la direction d’orchestre.

Marie en violon solo à 18ans

Je lui pose directement la question : « Is your music practice more about feeling or thinking ? », “First feeling, then it starts to turn thinking. It’s very hard to say.” Comme quoi, ça se confirme: les neurones ne font pas tout dans l’oeuvre d’art.

La preuve en mots. Lorsque je lui demande pour quelles raisons elle a débuté le chant (ah oui, parce qu’elle chante également !), celle-ci me répond : « it started with this problem in my shoulder, I couldn’t play violin and it was so painful, I wanted to express myself, somehow I just started to sing and then I found this choir.”

Chez les artistes comme chez les sportifs finalement, quand le corps ne va plus, le reste non plus… Alors, que un truc d’intello, l’art ?!

éloge de la pause ou la nécessité de ne rien faire : travailler moins pour créer plus

In Entre-vues, La résidence day-by-day, Les sentiers de la création on 18 juillet 2012 at 10:24

Emulation, répétition, précision: les ions de la création. Voici précipités en ces lignes impressions journalières (day 3) auxquelles se surimprime touday notre habituelle dissection de la création.

Troisième jour déjà, et toujours plus de chansons à enregistrer, de sculptures à photographier, de conversations à écouter…. Profusion de petits fragments de créations disséminés un peu partout, live music everywhere (« it’s a pretty motivating place to play » Maruti)… : il serait temps que l’on mette un peu de colle à tout ça, je ne sais plus où donner de la tête et des mains, moi ! I think I need a break…

PUISER DANS LA PAUSE

Je décide finalement de rendre visite ce matin au groupe du Gruntdtvig-scénographie. Ceux-ci, silencieux et concentrés sur leurs pinceaux, sont en atelier peinture by the river où Marie Sophie Koulischer patauge dans un anglais qui ne coule pas de source lui ! « In 15mn you have to finish what you begin euh begun no began, oh I mix all the times, preterit, present…anyway there’s no time anymore here ! ». C’est vrai que le bruit de l’eau de la rivière qui coule en continu semble avoir remplacé toute notion de temps…

 3 DAYS OFF by Danius

“Je me suis souvenu que j’avais de l’eau et je l’ai bue lentement pour faire durer le paysage.”

 Arno Bertina, Je suis une aventure

Let’s breath then !

Autre pause et petite ellipse : dès la fin du repas, artistes comme volontaires ou salariés en réinsertion sont déjà à l’œuvre, alors que nous commençons à peine notre café. Profitant de ce temps libre pour pêcher des sources d’inspiration: dans des livres, internet (eh oui le wi-fi arrive jusqu’ici !), dans la pratique de leurs ébauches artistiques, ou encore dans leur lit pour certains; la pause entre les temps de travail est le moment où chansons, mots, idées se libèrent, et envahissent l’ombre des arbres et des bâtiments. Partout où je vais, des guitares chantent, des cordes vocales grattent, des mains et des langues s’agitent.

Autour du café, ce sont les mots qui sont à l’honneur. Patrick raconte de quelle manière il est en est venu, de la musique à la pratique théâtrale. Il évoque sa compagnie et la résidence d’artistes qu’il a mis en place en Haute-Normandie où il vit d’ordinaire, qui met en scène des poèmes « pour offrir un panorama, une autre perspective du texte ». Aragon, Prévert, Queneau, Villon et d’autres encore défilent sous sa langue… De l’autre côté, contaminée par l’atmosphère poétique inoculée par Patrick, Maya, traductrice franco-géorgienne, m’explique comment ses cernes concentrent tous ses états d’âmes et physiques de manière plutôt originale : « La vie est sur le contour des yeux », joli non?

Epuisée par la profusion artistique qui règne pendant la pause, je m’en vais m’octroyer une brève sieste bien méritée, pendant que les autres se remettent à bosser…

TROUVER UN RYTHME : ENTRE ACCENTS ET BAILLEMENTS, RIRES ET SOUPIRS

« The sewing machine has given up, so we have to wait. » Lisa, listening Marie playing violin and waiting to sew a costume.

L’après-midi, je rejoins l’autre versant du Grundtvig qui semble se frotter à quelques difficultés… « Il faut que tu trouves l’équilibre entre paresse et chant. Il faut utiliser tout ton souffle dans le chant, sinon c’est mortel. Faut pas faire d’efforts » lance Patrick à Anthelme, en lui chantant le tango corse pour mieux lui expliquer la manière dont il doit lui-même interpréter sa chanson. Anthelme s’execute docilement : « Je mène une vie tranquille, ne fais rien de mes dix doigts. » Après une bonne demi-heure ponctuée de « again » et « encore une fois », entre éclats de rires et soupirs causés par maladresses ou trouvailles, les cabaretistes partent en pause de 5mn (et oui, encore !).

Dans l’incapacité de bouger de mon fauteuil fort confortable, j’assiste à la discussion de Patrick et Philippe qui discutent de la direction à prendre pour la suite du « Cabaret ».

Tentative de reconstitution de leur dialogue:

Patrick : Il y a une part de jeu mais je ne sais pas jusqu’où je vais les emmener, ça fait parti de l’expérience.

Philippe : Là, du coup, tu joues sur les fils théâtraux, mais peut-être qu’il faudrait pousser les fils musicaux…Faudrait les voir dégrossis. Il y a plein de petits projets à faire aboutir en parallèle. Donner 48h à tout le monde pour vraiment dégrossir, ça serait l’idéal.

Patrick : Oui, ils vont avoir une heure ensuite pour répéter par groupes. Il faut donner du temps.

Philippe : Mais le problème, c’est qu’il faut aussi décider le plus en amont possible de ce qu’on garde et de ce qu’on ne garde pas.

Patrick : Pour l’instant j’essaye aussi d’avoir le plus de matériel possible et à partir de ces matériaux, tu peux les emmener dans la direction que tu veux, on peut par exemple prendre la perspective d’un cabaret absurde.

Philippe : Mais il y a aussi une première étape de pure mise en place musicale. Il faut absolument prendre un parti pris de composition d’équipe.

Patrick : Oui, enfin il faut aussi voir le plus urgent, hiérarchiser. Il faudrait d’abord définir les groupes, que les numéros deviennent des vrais numéros, après ça murira.

Philippe : Oui, il faut faire une couche de fondation, puis sur cette base-là, la semaine prochaine, on enrichit. Il faut qu’on sache de quels numéros on dispose. On a besoin de transformer notre liste d’hypothèses en certitudes !

Quelques problèmes à résoudre donc, mais pas de panique ! «  Les personnages commencent à s’exacerber, c’est intéressant » fait remarquer Philippe, il faut juste qu’ils ne perdent pas le thème de vue, et surtout  qu’ils « trouvent un rythme ». Je ne me fais pas trop de soucis pour eux en voyant comme les problèmes sont assez vite résolus : Oana qui perd l’équilibre du souffle entre chant et danse , se voie bientôt aidée, accompagnée des silences musicaux des autres artistes.

“I have to wait for the branches to soften” Marie making other elements for her artwork while waiting for continuing her big basket.

Et si après cet article vous n’êtes encore pas convaincu de l’utilité de la pause, voici des preuves hautement scientifiques que le silence, la respiration, le « rien » est nécessaire à notre vie d’être humain:

–          « Imagination et invention » de Gilbert Simondon et Bergson sur  l’imagination = nécessité de « l’intervalle » dans l’imagination

–          Tempo des possibles (espaces de la fiction programmatique) de Grégory Chatonsky p.7 = nécessité du « silence » dans la littérature

–          L’avenir des Humanités. Economie de la connaissance ou cultures de l’interprétation? d’Yves Citton = nécessité de la pause dans notre vie quotidienne

Nous on bulle en musique! plop!

L’oignon, un faux légume?

In Entre-vues, Les sentiers de la création on 18 juillet 2012 at 1:21

Quel titre accrocheur n’est-ce pas ! Et grand débat, qui plus est… Mais au risque de grandement vous décevoir, cet article ne plongera pas dans les profondeurs des couches oignonales pour vous révéler tous les secrets de cet aliment. Mais plutôt dans le lieu dans lequel le légume (mystère non résolu) repose.

En cette fraiche et ensoleillée matinée du 17 juillet donc, j’errais au hasard en quête de matière à me mettre sous la plume (ou plus exactement le clavier), lorsque musique, odeurs et conversations m’attirèrent vers un lieu des plus fréquentés, et non des moins importants : la cuisine ! Eh oui, elle est certes notre quotidien mais elle mérite une attention toute particulière :

« La cuisine c’est comme l’art, ça demande de la créativité. Savoir balancer les saveurs, utiliser les épices. » Idriss, en pleine activité de sculptage avec Jérôme.

«  J’ai un ami artiste qui aime beaucoup cuisiner, se faire un bon p’ti plat de temps en temps.  L’art et la cuisine, ç’est vrai que ça va bien ensemble.» conclue Jérôme, en pleine activité de supervisage du sculptage avec Idriss.

Et en effet, dans la cuisine je retrouve une musicienne (violoniste et chef d’orchestre : Marie), et une spécialiste de la peinture (Orlane)…

Dans les cuisines festives du Faï repose donc notre carburant à tous, sans lequel pas de création possible ! « Si on se mettait en grève, je pense qu’on obtiendrait vite nos revendications » fait très lucidement remarquer Magali!

Magali pilonnant les amandes

LE LUNCH DE CE MARDI : FICHE TECHNIQUE

Heures : 9h-12h30

Nb de cuisiniers : 7

Nb de personnes à table : 66

Dont 5-6 végétariens, 1 végétalien et 1 allergique aux fruits à coques

66 patates

5kg de viande

3-4 kg d’oignons

Beaucoup de courgettes (voir photo !)

500g miel

200g amandes

Au moins 5 paquets de pâte filo

1 pastèque

Herbes aromatiques du jardin

Les courgettes encore vivantes

Les courgettes en dissection

ECHANGE AVEC LA MADAME LA CHEF 

Je rencontre d’abord Magali, la cuistot du Faï. Magali est cuisinière professionnelle depuis 3-4ans maintenant. Ses ingrédients préférés ? les herbes aromatiques, l’ail et l’oignon.

–  Comment choisissez-vous les plats au menu du jour?

Ce sont les volontaires qui proposent des recettes qu’ils aimeraient réaliser et s’inscrivent quand ils veulent sur le planning. L’équipe change tous les jours et nous sommes plus ou moins nombreux (de 3 à 7 personnes). Tous les mercredis, on se réunit avec Luc pour soumettre les propositions et faire les réserves en conséquence. Et j’adapte aussi les menus en fonction du garde-manger.

[On amène de la menthe et d’autres herbes aromatiques venus tout droit du jardin]

Alors comme ça, le Faï posède son propre jardin…intéressant !Les légumes et les fruits que nous mangeons sont donc « made in Faï » ?

Non, ça ne suffit pas à nourrir la communauté. Mais on peut obtenir des compléments du jardin comme les herbes aromatiques, les myrtilles ou les cassis. C’est un vrai plaisir d’avoir des produits frais.

-Et trouver des idées différentes chaque jour, ce n’est pas un peu fastidieux parfois ?

Non pas du tout, je pars du même principe que lorsque je suis à la masion : je fais une recette différente chaque jour. Après, j’ouvre le frigo et je vois ce que je peux faire avec ce qu’il y a dedans. Ici, c’est la même chose sauf que j’adapte les quantités.  [comme quoi la cuisine en collectivité comme à la maison, c’est possible !]

-J’imagine également qu’il doit y avoir des végétariens, des allergiques, etc. Cette différence de régimes n’est pas trop dure à gérer au quotidien ?

Non, il y a surtout quelques végétariens et un végétalien, mais c’est assez facile. Par exemple, hier c’était quiche lorraine au menu, je leur ai donc fait une quiche aux légumes. Avec les restes de légumes du couscous de dimanche soir : on essaye au maximum de réutiliser, qu’il n’y ait pas de gâchis.

 

ET TOUTE LA TEAM:

–          Evi (crêpes aux épinards loveuse) et Alexis (pizza aux champignons loveur) taillant des courgettes à l’aide d’un robot quelque peu réfractaire

–          Marie making « THE cake », «  It’s just my recipe that I love”, “It’s from home, I love to cook”

–    Orlane et Prescillia, fans de caramel, aidant Marie pour son royal « cake ».

–          Amerouz : ce coupeur d’oignons hors-pair est à l’origine de l’idée de notre repas : des bricks à la viande, recette dirigée semble t-il avec un maximum d’improvisation ! “jcuisine moi, pas de pizza surgelé, c’est déguelasse ! » nous dit-il tout en écrasant les patates (double fonction : quel homme !). Il avouera ensuite sous la torture de mon flash d’appareil photo qu’il cache quelques hamburgers dans son congèl…

 

 

L’interview 100% artificielle sur le naturel!

In Entre-vues on 14 juillet 2012 at 11:00

Marie Sophie Koulischer et PLUMe Land-art ne se sont pas rencontrés mais ont pu répondre tous deux aux mêmes questions…et nous montrer deux visions d’une pratique artistique qui ne sont pas si différentes l’une de l’autre…

 

Oeuvre d’Andy Goldsworthy, influence commune des deux artistes

Vous nommez votre pratique artistique par le terme « land-art » dont les mots désignent un lien de l’art à l’environnement. Comment se situe votre création vis-à-vis de cette définition? D’après les oeuvres présentées sur votre site, et ce que l’on connaît du mouvement, il semble que ce soit l’environnement naturel qui soit primordial dans cette création. En est-il de même pour vous, ou pensez-vous que vous pourriez créer dans un environnement urbain également?

MSDK : La Nature a toujours été pour moi un ressourcement, une façon de me trouver et me retrouver dans l’agitation autour de moi. Tout naturellement les éléments naturels de part le fait qu’ils étaient là bien avant l’Etre humain portent en eux le lien fort à travers les millénaires et les générations. Et donc créer dans la Nature est une connexion avec le Passé. Il y a aussi le côté éphémère de la vie présent en permanence…évidence contradictoire. Rien de plus naturel que de voir le temps passé sur la Nature (avec le cycle des saisons dans notre pays) et sur soi bien sûr ! Le côté naturel est essentiel pour accepter les transformations du temps.  Et pour accepter ces transformations le fait de les valoriser permet d’attirer l’attention sur des détails parfois invisibles mais qui sont l’essence même révélée.

Je pense que ce ne serait pas contradictoire de changer de contexte et de placer des installations dans un milieu urbain. Autant la symbiose avec la Nature ne fait pas de doute dans l’exposition in situ, autant le contexte urbain provoquerait un tel contraste qu’il apporterait un autre regard et certainement une autre compréhension du message via les éléments naturels installés. La question essentielle tourne toujours autour de la force de la Nature et la nature de l’Etre humain à vivre en harmonie avec Elle.

PLUMe : Tout d’abord sur l’appellation même de land art : je l’utilise car la majorité des gens associe le type de réalisation que je fais au land art. Je ne cherche pas l’exactitude terminologique. Le land art est historiquement constitué de grandes œuvres monumentales réalisées dans les immensités naturelles américaines. Pas de cela chez moi. Cependant demandez à une personne qu’elle qualifie ce que je fais. Elle vous dira que c’est du land art. Et si la majorité des gens disent de même, cela devient un fait : je fais du land art. Et peu importe ce qu’en dira un critique d’art ou un dictionnaire historique de l’art.

Pour ce qui est ensuite de créations en milieu urbain : je l’ai déjà fait et j’ai même été plus loin en créant des œuvres composées d’élément naturel en intérieur. C’est dans la continuité logique de mes travaux et c’est même une direction que je prends de plus en plus : faire entrer la nature dans nos cités.

 


– Comment vous est née cette envie de faire de la nature un art? (et est-ce réellement ceci, le land-art, votre propre pratique?)

MSDK : C’est en découvrant les œuvres d’Andy Goldsworthy que j’ai réalisé que je pouvais assembler les sensations intérieures entre l’impact de l’espace naturel sur moi et mon travail créatif. J’ai pu faire le lien entre les démarches d’autres artistes du mouvement land art et la mienne. La Nature, les éléments naturels sont pour moi les médiums, mes outils pour exprimer mes idées, sensations. Mais je me retrouve mieux dans le travail des artistes européens que dans celui des américains. Au Japon il n’y a pas vraiment de mouvement de ce type mais c’est dans leur culture et je dirai que peut-être je pencherai vers un univers plus global où ce regard sur la Nature fait partie de la vie de tous les jours.

La Nature est certainement très douée artistiquement ! C’est aussi pour cela qu’elle possède la qualité de ressourcement. Mais dans ma pratique artistique le végétal et l’humain sont en parallèle, je recherche l’âme, l’essentiel pour mieux entrer en relation, découvrir les multiples facettes cachées.

La récolte des matériaux au rythme des saisons apporte la richesse et le renouvellement à mon travail. Elle est le point de départ de toute recherche et réalisation avec pour intention : redonner vie, transformer pour voir autrement et mettre en valeur les détails de la forme, du mouvement de la couleur, jouer les contrastes, mélanger les techniques.

PLUMe : Mon envie est née de la vision du documentaire sur Andy Goldsworthy « Rivers and Tides ». Je me suis dit « c’est ce que je veux faire ». Une envie de sortir! D’éprouver le « grand dehors » pour moi qui suis très casanier et très citadin, la pratique de l’art dans la nature fut un prétexte pour sortir de mon train-train.

 

 

Le Land-art apparaît comme un mouvement né dans les années 1960, vous rattachez-vous à l’esthétique de celui-ci? Ou est-il plutôt simplement une influence? Existe t-il aujourd’hui une communauté (locale, nationale, internationale) de land-artistes?

MSDK : Actuellement le terme « Land art » est tellement utilisé que sa signification 1ère n’est plus valable, peut-être faudrait-il changer de mot. Depuis que le mouvement est né beaucoup d’artistes sont entrés dans ce mouvement et ont apporté de nouvelles idées. Je trouve que c’est plus devenu un nom commun et tout le monde sait  qu’il y a un lien entre l’art et la nature !

Oui j’ai été influencé par le travail des artistes européens et je pense que je ne peux pas vraiment me rattacher à l’esthétique,  de ce mouvement né en 1960. Le monde actuel n’est plus tout à fait comme à l’époque mais une chose est sûre c’est que le lien avec la Nature en tant que monde à protéger, à respecter est certainement une base dans mon travail. Je ne fais pour le moment pas partie d’une communauté de land-artistes.. Avant tout nous sommes artistes, plasticiens…et dans ce monde là aussi (comme en musique) il y a plein de genres et certains qui ne sont pas classifiés…mais qui peuvent de part les matériaux et les techniques utilisés, faire partie du mouvement Land Art ou Art et Nature.

PLUMe : Comme je le disais plus tôt, le seul lien est pour moi le fait de pratiquer en extérieur. Même si ma pratique évolue, elle vient bien de là. J’y ajouterais une notion très européenne qui est plus intimiste. Des artistes comme Goldsworthy ou Udo pratiquent à une échelle plus humaine que les artistes américains des années 60. C’est sans doute l’une de nos particularités.
Pour ce qui est de la communauté, j’aime bien cette idée car je milite pour. Plus que d’exposer mes travaux en mon nom propre, c’est la pratique de l’art dans la nature que je promeus. C’est pour cela que je n’utilise plus mon propre nom mais un pseudonyme. L’atelier PLUMe Land Art est un espace de création. On ne sait pas trop qui est derrière mais ce que l’on sait c’est que des créations y germent. Et si cela peut donner envie et bien tant mieux!

 


– Qu’aimeriez-vous que les « spectateurs » trouvent, gardent, perçoivent dans vos oeuvres?
MSDK : Au fil du temps j’ai appris à aiguiser mon regard et j’ai déniché tous ces petits éléments banals et parfois invisibles qui participent à l’équilibre de multiples éco-systèmes. La répétition du geste amène une immersion dans la création, dans son aspect méditatif. Et donc je souhaite que le spectateur entre dans ce monde transformé, imaginaire et voyage avec ces associations d’éléments, de couleurs proposées. Retrouver la part d’enfance, le regard émerveillé curieux qui fait que chaque jour est riche de nouvelles expériences et ainsi adoucit les côtés sombres et tumultueux qui nous accompagnent.

 

PLUMe : Juste l’envie de s’y mettre à leur tour. L’envie d’éprouver le « grand dehors ». Ce qu’ils pensent de mon travail en tant que tel n’a aucune importance.

 


quel rapport entretenez-vous avec le public? (y-at-il une dimension « interactive » dans vos oeuvres, tel qu’on le voit souvent dans la création contemporaine?)

MSDK : Parfois des créations n’ont pu voir le jour que parce qu’il y avait d’autres personnes présentes. Ce sont des moments magiques surtout réalisés avec des éléments fraîchement cueillis dont le côté éphémère est exacerbé.

Et l’autre part importante c’est que des créations sont réalisées avec des matériaux que des personnes ont ramassés spécialement en pensant à ce que je pourrais en faire ! Un lien est né, une relation aux autres passe aussi au travers de ce travail. C’est un incessant aller-retour de la Nature à moi  et des autres à moi, plein d’histoires et de rencontres.

PLUMe : Grande question. Je fais mon blog et mes créations avant tout afin de provoquer des réactions, du dialogue, des débats. Cela ne fonctionne pas toujours mais disons que l’art juste pour moi ne m’apporte rien. Je ne le conçois pas sans aller-retours. Non pas pour être vu, admiré, etc… juste pour échanger.


Merci à Marie-Sophie Donche Koulischer et PLUMe Land-Art qui ont bien voulu se plier à l’exercice fastidieux d’une interview silencieuse.

Préambule

In Entre-vues on 14 juillet 2012 at 10:54

« Toute rencontre

est l’accomplissement d’un éclair

la somme des hasards

la défaillances des probabilités

la preuve de l’exiguïté

de l’espace »

Alain Mabanckou